La poésie numérique vue depuis l’Amérique latine: théorie, histoire, critique

L'article traite de problèmes centraux pour la théorie, l'histoire et la critique de la poésie numérique, au sein d'une réflexion plus ample sur la littérature numérique. La définition de cette pratique, sa spécificité «molle», l'événement intermédial qu'elle peut impliquer, les genres qu'elle construit comme autant de façons de voir le monde, sa contestation des sens hégémoniques de la culture numérique ainsi que les politiques d'auctorialité et de lecture y sont interrogés. La perpective part depuis l'Amérique latine, avec des exemples principalement tirés de cette aire géographique.

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Le slam poésie clamée. De la chanson à la performance

Les recherches de Camille Vorger appréhendent le slam à la confluence de la chanson et de la performance, au travers d’une poétique des voix et des corps. Cet article analyse les représentations autour de cet «objet poétique à identifier» en s’appuyant sur des entretiens et enquêtes menées auprès des acteurs et amateurs de cette forme contemporaine de poésie scénique. À partir de ces enquêtes, l’auteure développe une analyse sémantique afin de mieux distinguer le slam du rap, et de saisir en quoi le slam francophone s’est émancipé du modèle américain (tournoi) au profit de dispositifs plus libres (scènes ouvertes). Outre le témoignage du créateur américain de ce concept, l’auteure convoque les théories du médiéviste Zumthor sur la performance, ainsi que du poète-poéticien Jean-Pierre Bobillot pour la médiopoétique.

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Lyrique ancien et lyrique moderne

L’idée du lyrique telle que nous la connaissons à présent naît dans la deuxième moitié du XVIᵉ siècle et devient hégémonique entre la deuxième moitié du XVIIIᵉ siècle et la première moitié du XIXᵉ. Dans la culture antique et classiciste, le lyrique est à la lettre la poésie chantée au son de la lyre et, par extension, la poésie silencieuse qui se rattache de façon plus ou moins directe aux mètres et aux formes de cette tradition. À partir de la deuxième moitié du XVIᵉ siècle, le lyrique devient une des trois grandes catégories dans lesquelles on classe la poésie (c’est-à-dire la littérature), les autres étant l’épique (à savoir celle narrative) et le dramatique (à savoir le théâtre). Le terme «lyrique» commence ainsi à définir toute forme de poésie subjective. Le changement du mot est un prélude du changement de la chose. À l’époque romantique naît un nouveau modèle d’autobiographisme poétique qui réduit la distance entre la personne littéraire publique et la personne privée, et qui s’ajoute aux modèles prémodernes. Cet article reconstruit brièvement l’histoire de ces deux métamorphoses parallèles.

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Le cosmopolitisme parnassien anglais: transnationalisme et forme poétique

Le mouvement parnassien anglais des années 1870 et 1880 a souvent été ignoré ou considéré comme une interruption étrange dans le développement de la poésie anglaise. Qu’est-ce que cette période d’expérimentation intense avec des formes françaises peut nous apprendre sur le cosmopolitisme poétique de la fin du XIXe siècle et, de surcroît, sur les diverses directions de la modernisation poétique avant le haut-modernisme? Bien que la vogue parnassienne ait souvent été accueillie avec suspicion dans la presse contemporaine, à cause de ses imports «étrangers» et de ses formes «immigrées», cet article montre qu’elle constitue un moment-clé dans l’histoire du lyrique, par son articulation d’un nexus de réflexions autour de la question de la nation, du transnationalisme et du socialisme, ainsi qu’autour de la question de l’identité même de la poésie lyrique.

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Le poète et son livre. Troisième chapitre. La disposition stylistique. Les figures macro-textuelles

Dans ce texte, qui fait partie du livre Le poète et son livre, l’auteur réfléchit sur la structure des macro-textes lyriques (le livre de poèmes), en distinguant entre une «rhétorique du projet», qui reflète la conception générale de l'auteur, et une «rhétorique de la succession», qui concerne les connexions intertextuelles. L'idée est que les critères rigides adoptés par la théorie du macro-texte de l'ascendance structuraliste peuvent être corrigés et intégrés. La proposition théorique qui est formulée ici repose sur le principe suivant: les formes d'organisation du macro-texte peuvent être interprétées à la lumière de quatre macro-figures majeures, à savoir la métaphore, la métonymie, la synecdoque et la négation. Dans l'extrait reproduit ici, les deux premières macro-figures sont prises en considération.

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La poésie à l’ère numérique

La poésie contemporaine est souvent présentée sur scène, parfois avec un accompagnement musical, elle est disponible sur CD et DVD, dans des enregistrements audio ou vidéo, sous forme de clips ou de «poèmes vidéo». Celle qui se sert de nouveaux médias utilise un script cinétique et traduit la poésie visuelle sur Internet. De tels formats ont mis en évidence la tradition intermédiale de la poésie. De nouvelles théories sont cependant nécessaires pour analyser la poésie à l’ère numérique. Celle qui existe sous forme d’édition papier se trouve enrichie par les nouveaux formats populaires et vice versa. L’enchevêtrement de l’art et de la culture populaire est un élément particulièrement important pour la pratique lyrique contemporaine. Notre étude propose de concentrer la recherche dans ce domaine émergent autour de trois champs d’activité: la poésie et l’art de la scène; la poésie et la musique; la poésie et la culture visuelle.

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La poésie non-lyrique: énonciation et discursivité poétiques dans le nouvel espace public

Le présent article expose les conséquences de l'instabilité fonctionnelle du sujet/auteur dans la constitution du je lyrique et la projection de ce dernier dans les plans de l'intersubjectivité et de l'espace public. Nous proposons une lecture socioculturelle et politique des alternatives non lyriques offertes par la production poétique contemporaine, elle-même sujette à des processus d'expansion qui bouleversent le cœur même des caractéristiques habituellement employées pour catégoriser le discours lyrique de façon théorique et critique, ainsi que pour préserver une équivalence conceptuelle inappropriée entre poésie et lyrique.

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Pourquoi parler de lyrique médiéval?

Quelle pourrait être la contribution du lyrique médiéval à ce que l’on appelle les New Lyrics Studies? Cet article soutient que la culture manuscrite médiévale offre une nouvelle compréhension de la «lecture lyrique», qui renvoie au passage à l’imprimé des poèmes d’Emily Dickinson opéré au XIXe siècle (tel que le décrit Virginia Jackson), et remet en question les hypothèses influentes que cette lecture formule au sujet du lyrique. Le monde du poème court en moyen anglais qui est trilingue, donc non anglocentré, se réclame différemment de la littérarité, et implique la présence (largement non-écrite) de la musique. La pratique répandue de la citation sape encore davantage le concept d’un objet écrit particulier, rendu familier par l’imprimerie moderne. Des exemples tirés de divers manuscrits suggèrent des modes de lecture tant latéraux que verticaux, attentifs au réseau instable de traces verbales et au rôle fuyant de la mélodie. Ils sont aptes à être appliqués à la poésie postmédiévale.

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Transmédialité et champ poétique: une excursion en Amérique latine

L’objectif de cet article est de présenter les œuvres d'un certain nombre de poètes et de groupes latino-américains qui font désormais de la poésie par d'autres moyens, à la confluence de la performance, de l'art vidéo, de la musique, de l'art conceptuel et de la cyber-littérature. Le voyage à travers ce corpus n'est pas chronologique, encore moins géographique ou régional, mais s'articule autour de trois zones de perturbation, de dissonance ou de haute tension que la transmédialité génère dans le champ poétique actuel. La première concerne les disciplines philologiques comme histoire des textes et concerne la généalogie des pratiques transmédiales et leur articulation avec le corpus de la poésie latino-américaine du XXe siècle. La seconde touche à l'instabilité causée par la prolifération de nouveaux supports et aux questions entourant le statut et l'identité de l'œuvre poétique que cela implique. Enfin, on aborde au troisième chapitre le problème de l'énonciation poétique et du moi lyrique. Plutôt que de tirer des conclusions définitives, ce que nous cherchons avec ce parcours consiste à souligner l'importance de certains sujets qui nous obligent à réfléchir sur les conditions de lecture des objets transmédiaux et sur les effets que la création transmédiale produit dans notre manière de concevoir, lire et enseigner la poésie.

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De la circonstance lyrique

Pour reposer frontalement la question du rapport du poème lyrique à sa circonstance, il convient de réfléchir à sa scène d’énonciation particulière et à ses façons de décontextualiser ce qui n’est plus exactement son cadre. À l’opposé du roman, le poème élide les éléments de contextualisation et l’obscurité du poème vient souvent de cette incertitude sur les éléments référentiels. C’est pourquoi on propose bien de nommer «circonstance» ce qui constitue à la fois l’ambiance initiale qui donne naissance au poème et ce qu’il crée comme entour de sa parole.

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