Comment créer un dispositif avec les outils d’aujourd’hui pour mieux partager les élans poétiques ? Comment pouvons-nous valoriser les actes poétiques qui ont lieu dans un territoire, et qui entrent en écho avec d’autres villes et régions du monde ?

Notre époque est soumise à de nombreux défis, associés aux tournants du numérique, à l’organisation démocratique, aux déploiements d’une communication multimédia, aux rôles incertains des artistes et des experts dans la société, à la valorisation des fonctionnements en réseau. La poésie est emblématique de ces changements : réservée de la fin du XIXe siècle au début du XXIe siècle à une élite, elle semblait bien éloignée du quotidien, avant tout vouée à une frange de la société particulièrement éduquée qui avait accès à la littérature et à l’étude des livres.

Les défis d’aujourd’hui sont peut-être les opportunités de demain, tout comme ils peuvent être aussi porteurs de risques, voire d’autodestructions. Nous prenons le pari de célébrer, de l’ode, plutôt que celui de l’élégie des temps anciens. Par le mot « poésie », nous montrons qu’il est possible d’être ancré dans un territoire, d’accroître sa sensibilité et son incarnation, tout en s’attachant à une mondialisation culturelle, interlinguistique, qui a des vertus enrichissantes. La Lyrical Valley est une manière de souligner qu’il est possible de vivre dans un lieu à la fois compétitif et qui respecte ses ressources, dans une poésie de tous les jours au sein d’un territoire qui connaît son patrimoine et qui investit les outils les plus récents. Il est une image d’une Suisse innovante, artistique, ouverte, décomplexée, scientifique, où il fait bon vivre et dans laquelle se tient le monde entier poétiquement.

La Suisse romande devient ainsi, plus qu’une scène parmi d’autres pour la poésie ou qu’une association d’acteurs dynamiques, un véritable territoire poétique déployant son réseau sur les divers continents.